ACTUALITÉS UNEC - OCTOBRE 2021


"On recherche 10.000 à 12.000 personnes" : après la crise sanitaire,
les salons de coiffure peinent à recruter.

Comme de nombreux secteurs, celui de la coiffure ne parvient plus à attirer les salariés dans ses salons.

Baisse du nombre d'apprentis, contraintes horaires et physiques lourdes : de nombreux professionnels se reconvertissent, ou passent à l'auto-entreprenariat pour choisir leurs horaires.

Annonces sur les sites spécialisés, forums en ligne, réseaux professionnels, écoles de coiffures. Les chefs d’entreprise ont tout essayé pour recruter une nouvelle coiffeuse ou un nouveau coiffeur.

 

-" On recherche entre 10.000 et 12.000 collaborateurs dans toute la France", confirme Christophe Doré, le Président de l'Unec, l'Union nationale des entreprises de coiffure. "Nous avons de très très grosses difficultés de recrutement", reconnaît-t-il.

 

Après la Covid, de nombreux salariés ont préféré une reconversion.

Quand les salons étaient fermés, les gens ont réfléchi. Le fait d'être chez eux, de prendre le temps de faire des choses, fait qu'ils n'ont plus envie de travailler tard ou le week-end", décrypte une coiffeuse.

 

Une tendance confirmée par Christophe Doré, de l'Unec : "Certains ont fait le choix d'arrêter le métier."

La vague des coiffeurs à domicile portée par la Covid.

D'autres ont choisi de se tourner vers la coiffure à domicile, pour choisir leurs horaires.

Au même moment, la crise sanitaire et le télétravail ont fait exploser les plateformes en ligne de réservation à domicile. "Ils récupèrent une partie de leur clientèle, mais ils sont auto-entrepreneurs à domicile : ils travaillent quand ils veulent, et s'en sortent sans problème", explique une coiffeuse.

"Les salons, ça ne fait plus envie", déplore la coiffeuse, qui craint de perdre des clients à cause des délais de rendez-vous qui s'allongent.

 

"La Covid a bousculé les codes, et un certain nombre d'éléments de vie personnels et professionnels", abonde Christophe Doré. "Quand nos collaborateurs, pendant le troisième confinement, finissaient à 18h et ne travaillaient pas le samedi, forcément ils ont pris des habitudes. Ils se sont dits que c'était vraiment bien, et on les comprend. Sauf qu'aujourd'hui, la plus grosse journée de la semaine ça reste le samedi", affirme-t-il.

Les espaces de Co-Working, l'avenir des salons ?

Les coiffeurs voient un autre phénomène émerger, en parallèle des prestations à domicile : les espaces de Co-Working, version coiffure.

En clair, un espace partagé aménagé avec la technique nécessaire à un salon, dans lequel des coiffeurs indépendants viennent coiffer leurs clients. "Les coiffeurs en freelance y louent des fauteuils".

Un phénomène qui apparaît en Île-de-France, et qui va arriver dans les grandes métropoles, confirme Christophe Doré.

"A mon avis, à l'avenir, il y aura beaucoup moins de salons comme aujourd'huipronostique une coiffeuse.

 

Un manque cruel d'apprentis ?

Effet pervers ce cette tendance : le manque de professionnels disponibles pour former les apprentis, et donc former de futurs coiffeurs à recruter. "La coiffure à domicile a toute sa place, néanmoins on ne peut pas avoir que ça", prévient Christophe Doré.

" Notamment parce que ce n'est pas les plus grand pourvoyeurs d'apprentissage. Et sans salon de coiffure pour former, le métier va peiner."

Le nombre d'apprentis a déjà fortement baissé depuis quelques années : "Sous François Hollande en 2013, le gouvernement a décidé de baisser l'aide à la formation. Cette aide ayant baissé, moins de coiffeurs sont formés", explique Christophe Doré.

"Il faut entre 5 et 7 ans pour former un coiffeur, donc on subit actuellement le creux de la vague", affirme-t-il. " Aujourd'hui, il faut relancer la dynamique de la formation, relancer la machine. D'autant plus que ce gouvernement a mis en lumière l'apprentissage, rehaussé et prolongé l'aide à la formation des entreprises."

 

Les salons de coiffure ont un rôle essentiel dans les centres-bourgs rappelle Christophe Doré, président de l'Unec.

Un autre effet pervers est à attendre en cas de raréfaction des salons : la fermeture d'autres commerces.

 

Faut-il augmenter les salaires pour attirer ?

Face à ce constat, quelles solutions pour attirer de nouveaux collaborateurs ?

Le métier doit-il revaloriser les salaires, comme c'est le cas pour le secteur de l'hôtellerie-restauration ?

"C'est à chaque entreprise d'appliquer des salaires attractifs", estime Christophe Doré.

La convention collective fixe le salaire d'un coiffeur débutant au niveau du Smic.

Pour permettre aux gérants de mieux payer leurs salariés, l'Unec réclame une TVA à 10% sur la coiffure.

Autre idée qui pourrait s'imposer, repenser les horaires de travail : "Peut être qu'il faut changer notre modèle, changer nos horaires", réfléchit Christophe Doré. "Laisser la possibilité aux collaborateurs de travailler quand ils le veulent. Il y a certainement un nouveau mode managérial à repenser.

De toute façon il va se repenser tout seul, par obligation", conclut-il.


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